Il vente fort, quelle aubaine !

Au cours d’un hiver maussade, combien d’entre nous ont maugréé contre des journées particulièrement ventées. Faisons contre mauvaise fortune bon cœur et sachons profiter de ce don de la nature car finalement une journée bien ventée peut être une aubaine.

En effet, rouler contre le vent, c’est comme si l’on grimpait un col et des cols dans le pays de Fontainebleau, il n’y en a pas beaucoup alors que les cols, nombre de cyclotouristes adorent et n'attendent que les beaux jours pour participer à des "brevets montagnards" ou autres "cyclosportives". Mettons donc à profit une journée bien ventée pour s'entraîner.

Il nous paraît très intéressant de rechercher, lorsque l’on roule contre le vent, quelle est la pente du col fictif que l’on est en train de grimper.

Le problème est assez facile à résoudre mathématiquement, on pourra se reporter au document « Le vélo en équation » où l’équation de base du vélo a été donnée. On écrira que la puissance fournie en roulant à une vitesse V contre un vent de vitesse Vr est égale à celle fournie dans l’ascension d’un col de pente p et sans vent. On épargnera au lecteur les équations pour ne donner que le résultat fourni par la relation suivante :

form1

On rappellera les unités :

Faisons une application en prenant un cyclo caractérisé par W=80 kg et Cx=0,20.

Le graphique ci-dessous donne la pente équivalente en fonction de la vitesse du cyclo pour des vents allant de 10 à 60 km/h. Chaque droite du graphique correspond à une vitesse de vent donnée, allant de 60 km/h à 10 km/h si l’on regarde les droites en allant du haut en bas.

Pour ceux qui n’aiment pas les graphiques, les mêmes résultats sont présentés dans un tableau à double entrée.

fig1
fig2

Le graphique nous montre, par exemple, qu’en roulant à une vitesse de 15 km/h face à un vent de 40 km/h, cela équivaut à monter un col à 5,5 % de pente. Si l’on roule à 25 km/h, c’est comme si l’on grimpait un col à 7 %. Allons-y, le Ventoux est à nos portes.

Pour préparer un séjour à la montagne, n’hésitons donc pas à sortir les jours ventés mais soyons attentifs et vigilants, allons dans une zone déboisée pour ne pas avoir de tourbillons, choisissons une route dans l’axe du vent pour ne pas risquer d’être déporté. Il faut aussi attention aux camions qui créent de grosses turbulences. Si l’on sort en groupe, il faut bien sûr laisser de la distance entre nous pour bien prendre le vent en pleine face et ne pas s’abriter derrière un collègue.


Mars 2008
contact@velomath.fr



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